Communiqué de presse N°19/2015

La Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) informe l’opinion Nationale et internationale  que Monsieur Abdallah ABDELKERIM chef de la police de Massaguet  (bourgade située à 80 kilomètres de Ndjamena)  occupe par la force depuis 2012,   un terrain de plusieurs hectares appartenant à une communauté autochtone représentée par  Messieurs Adoum Zourga et Oumar Adoum.

Profitant de son statut de proche parent du chef de l’Etat et surtout de beau frère du tout puissant Directeur Général de la police, Monsieur Abdallah  Abdelkerim refuse obstinément de quitter les lieux après avoir perdu tous les procès qui l’avaient opposé aux légitimes propriétaires ; c’est ainsi qu’il refusa d’obtempérer quand une réquisition aux fins d’expulsion signée du Procureur Général lui avait été présentée ; mieux, Monsieur Abdallah  arriva à tenir tète  et à intimider un détachement de gendarmerie envoyé pour l’expulser en exécution de la réquisition du Procureur Général.

Un Arrêt (n°445/14) rendu le 03 Février 2015  par la 2e Chambre Civile et Coutumière de la Cour d’Appel  statuant en dernier ressort confirme les décisions judicaires antérieures et demande « à tous Commandants et Officiers de Force Publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement Requis ».  Monsieur Abdallah refusa  encore de s’exécuter ignorant  cette décision et défiant une fois de plus, la Justice ; son mépris pour cette institution est d’autant plus  flagrant qu’il a toujours  attribué des parcelles à certains de ses parents qui n’hésitent pas à  y construire des villas, créant ainsi une situation de fait accompli.

La C.T.D.D.H. rappelle à l’opinion nationale et internationale que ce fait dont la  gravité  n’échappe à personne procède d’une logique visant à asservir les autres tchadiens ; la multiplication de ce  genre d’agissement des parents du chef de l’Etat  vis-à-vis de leurs concitoyens et le fait que les décisions de justice ne s’appliquent pas à eux démontre à la face du monde que le Tchad est très loin d’un Etat de droit.

La  Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) estime  que le fait que tous les commissariats des dix arrondissements soient tous dirigés par les parents du Chef de l’Etat  encourage fortement ces pratiques abjectes dignes des sociétés monarchiques.

La C.T.D.D.H. exige l’exécution immédiate de ces décisions de justice et exige que la loi soit la même pour tous. Elle estime  par ailleurs que ces pratiques  nauséabondes  et indignes d’une société civilisée que le pouvoir cherche toujours à cacher au monde extérieur doivent impérativement cesser.

 

Fait à Ndjamena le 28 Mars 2015

Le Secrétaire Général

Mahamat Nour A. Ibedou

La C.T.D.D.H